IRM du genou

L'IRM du genou est devenue l'examen de référence pour étudier les ménisques, les ligaments, la cavité articulaire et les éléments squelettiques.

Elle remplace maintenant l'arthrographie et le scanner. L'arthroscanner peut encore être prescrit pour une étude ciblée du cartilage.

Techniques de l'IRM du genou

Le genou est placé dans une antenne dédiée (antenne "genou"). Il est fléchi d'environ 15deg ( position spontanée au repos).

Son étude nécessite les 3 plans de l'espace, frontal et sagittal ; Les coupes réalisées doivent être fines, de 1 à 4 mm d'épaisseur suivant la puissance de l'aimant.


La pondération T1 se fait en spin-écho (SE) ; la pondération T2 est très souvent obtenue par des séquences rapides en densité de protons, permettant d'avoir des coupes fines jointives de l'ordre du mm, et éventuellement de reconstruire en 3D dans tous les plans de l'espace.


Les séquences T1 et T2 sont complémentaires.
La pondération T1 permet une bonne définition anatomique des structures osseuses;
Par contre, l'inflammation et le liquide articulaire sont noirs en hyposignal, ne se distinguant pas des tendons et ménisques également en hyposignal.
En T2, l'aspect des structures anatomiques est moins précis, mais l'oedème et l'inflammation sont blancs, en hypersignal, se différenciant mieux et permettant de repérer les lésions.

Radioanatomie IRM du Genou

LES LIGAMENTS

L'IRM est la meilleure technique d'exploration des ligaments, et noamment du pivot central, à savoir le ligament croisé antérieur ( LCA ) et postérieur.
Le LCA est sur les coupes sagittales, et également sur les coupes coronales et axiales complémentaires.
En extension, le LCA est tendu et se présente comme une bande noire, en hyposignal, souligné par le signal blanc de la graisse intra-articulaire.
Son origine est située sur la face postéro-interne du condyle fémoral externe et s'insère en dehors de l'épine tibiale externe, en arrière de la marge antérieure tibiale.
L'insertion tibiale est plus large et plus solide que l'insertion fémorale.
Des faisceaux ligamentaires partant du LCA peuvent rejoindre les insertions antérieure et postérieure du ménisque externe.
Sur les coupes sagittales et coronales, le LCA présente souvent un aspect strié avec un signal légèrement plus intense que le Ligament Croisé Postérieur.
En détail, le LCA comporte au moins deux faisceaux, antéro-interne et postéro-externe. Ces faisceaux sont surtout différenciés à la partie distale du ligament. Le faisceau antéro-interne naît à la partie proximale de l'insertion fémorale et s'insère sur la partie antéro-interne de l'insertion tibiale. En extension du genou, le faisceau postéro-externe est tendu alors que le faisceau antéro-interne est lâche.

Le LCP est plus épais que le LCA.
En IRM, sur un genou en extension, le LCP est relativement détendu et se présente comme une bande noire s'étendant du fémur distal à la partie postérieure du plateau tibial.
Prenant son origine à la face antéro-externe du condyle fémoral, il s'insère sur la partie toute postérieure du plateau tibial. Du LCP naissent des ligaments accessoires pour rejoindre la corne postérieure du ménisque externe.

LES MENISQUES

L'IRM permet à la fois une étude de la morphologie, des contours et du signal interne des ménisques. Le caractère très riche en fibres de collagène des ménisques, l'absence d'eau, explique l'absence de signal détectable normalement.

L'étude du ménisque interne se fait sur les coupes sagittales et coronales.
Le segment moyen du ménisque se présente comme un disque noir situé entre le condyle fémoral convexe et la plateau tibial concave. Il présente l'aspect d'un nœud papillon sur plusieurs coupes successives. Quand la coupe passe au niveau du bord libre, la partie moyenne devient plus fine puis disparaît. A ce moment le ménisque est formé de 2 triangles correspondant aux corne antérieure et postérieure. La corne postérieure est plus grande que la corne antérieure.
En regard de l'échancrure intercondylienne, le ménisque interne est connecté avec le tibia par le frein antérieur en avant et le frein postérieur en arrière.

Sur les coupes coronales, L'IRM montre le contact intime entrele ligament latéral interne et le ménisque interne ( insertion capsuloméniscale), avec seulement un peu de graisse interposée en avant et sans espace virtuel en arrière.
Une variante à connaitre est l'exitence d'un ossicule intra-méniscal, à la partie supérieure de la corne postérieure du ménisque interne. On le voit chez 2% de la population. Il ne faut pas le confondre avec une lésion à type d'ostéochondrome.

Le ménisque externe a une forme ovalaire.
La corne antérieure est de même taille que la corne postérieure. Le tiers moyen du ménisque prend un aspect discoïde ou en nœud papillon.
En dehors et en arrière, le ménisque externe est limité par le tendon poplité, au contact de l'origine du Ligament Latéral Externe. Ce tendon descend obliquement en arrière. Il est bordé en avant et en dedans par sa bourse, extension de la cavité articulaire. La bourse se situe entre la corne postérieure du ménisque et le tendon. Les insertions supérieures et inférieures du ménisque forment le toit et le plancher de la bourse. On les voit surtout sur les coupes sagittales T2. La partie toute postérieure du ménisque externe se poursuit fréquemment par un ligament ménisco-fémoral sur sa face supérieure vers le condyle fémoral interne. Le ligament peut passer devant le LCP (ligament de Humphrey) ou derrière (ligament de Wrisberg). Ils sont très fréquents.

LE CARTILAGE

L'IRM est en train de devenir un excellent examen pour l'étude du cartilage, mais l'examen de référence reste l'arthroscanner. C'est par contre le meilleur examen non invasif. Il fait systématiquement partie de l'exploration lors d'une IRM de genou.

Au niveau du genou, le cartilage est épais, de l'ordre de 3 à 4 mm pour les condyles et de 5 mm pour l'articulation fémoro-patellaire. Le liquide synovial permet un bon contraste spontané avec le cartilage, obtenu également avec la plaque osseuse sous-chondrale.
La composition biochimique du cartilage modifie son aspect en IRM. Le cartilage hyalin présente plusieurs couches, plus ou moins riche en eau( répartition différente des fibres de collagène et des protéoglycanes englobés dans le réseau de ces fibres).
En IRM, le caractère multicouche ( plurilamellaire ) est bien visible sur les séquences en densité de protons et T2, notamment en cas d'épanchement ( effet arthrographique ), le contraste est alors accru entre le liquide synovial et le cartilage.

Si l'articulation est sèche, le contraste naturel est dfiicile à obtenir pour délimiter les surfaces cartilagineuses.